En bref : comment se dégager d'une saisie au cou ?
✔︎ Anticipez : dès qu'il tend les bras vers vous, reculez et frappez du pied (genou, bas-ventre).
✔︎ Protégez votre gorge : menton rentré, épaules montées, mains sur ses bras pour retrouver de l'air.
✔︎ Frappez, pivotez, sortez de l'axe : une prise se casse par une frappe et un déplacement, jamais par la force.
✔︎ Fuyez dès que vous êtes libre, vers un lieu fréquenté. Vous avez très peu de temps : chaque seconde compte.
Une main qui se referme sur votre gorge. Un bras qui vous serre le cou par derrière. Dans ces situations, vous n'avez pas le temps de réfléchir : la pression sur la gorge peut vous faire perdre connaissance en quelques secondes. Ce qui vous sauvera, c'est un geste simple, appris avant, et répété assez souvent pour devenir un réflexe.
Je suis François LAJOIE, ceinture noire 6e Dan Dojo de France de Việt Võ Đạo. Je pratique les arts martiaux depuis 1996 et j'enseigne la self défense dans mon école. Voici les 3 techniques que j'enseigne en priorité contre les saisies au cou, et ce qui les rend efficaces dans la vraie vie.
« La meilleure saisie, c'est celle que l'adversaire n'a jamais le temps de faire. L'anticipation reste toujours l'élément clé. »
François LAJOIE
La meilleure technique de self défense ? Souvent la plus simple
Sous le stress, votre cerveau oublie les gestes compliqués. Vos mains tremblent, votre vision se rétrécit, vos jambes se figent. Les clés de bras spectaculaires ne passent pas. Ce qui passe, ce sont des gestes courts, puissants et répétés des centaines de fois.
Une clé n'est pas forcément la réponse. Votre objectif n'est pas de maîtriser l'agresseur. C'est de vous libérer, le repousser et partir.
C'est pour ça que toutes les techniques de cet article reposent sur 3 principes :
✔︎ Protéger d'abord votre gorge, pour garder de l'air.
✔︎ Frapper pour casser la prise, au lieu de tirer contre la force de l'agresseur.
✔︎ Sortir de l'axe et fuir.
Avant la saisie : anticiper, c'est déjà se défendre
La meilleure défense contre une saisie au cou, c'est qu'elle n'arrive jamais. Un agresseur qui veut vous saisir à la gorge doit d'abord entrer dans votre distance et tendre les bras. C'est à ce moment-là que vous avez l'avantage.
« Je n'ai jamais eu à me dégager d'une saisie dans la rue : j'ai toujours anticipé avant. »
François LAJOIE
✔︎ Reprenez immédiatement la distance : un pas en arrière ou sur le côté, mains levées devant vous.
✔︎ Frappez du pied, avant que ses mains ne se referment : un coup de pied direct au genou, aux parties génitales ou au bas-ventre. Vos jambes sont plus longues que ses bras : profitez-en.
Je le dis souvent : la meilleure défense, c'est l'attaque. Attention, cela ne veut pas dire frapper le premier qui vous parle mal. Cela veut dire que, quand l'agression commence, vous n'attendez pas de la subir : vous ripostez tout de suite, avec une force adaptée à la menace.

Technique 1 : étranglement de face à deux mains
L'agresseur est face à vous et vous serre la gorge à deux mains, souvent en vous poussant.
✔︎ 1. Rentrez le menton et montez les épaules. Vous protégez votre gorge et gagnez de précieuses secondes d'air.
✔︎ 2. Frappez pour casser la prise : un coup de genou dans les parties génitales ou une frappe en paume au visage. Ses mains se relâchent par réflexe.
✔︎ 3. Désaxez-vous en frappant. Ne restez jamais nez à nez : sa tête est à quelques centimètres de la vôtre et un coup de tête peut partir à tout moment.
✔︎ 4. Pivotez en passant un bras par-dessus ses bras : le mouvement casse définitivement la prise et vous place sur le côté.
✔︎ 5. Repoussez-le et fuyez.

Technique 2 : étranglement par derrière avec l'avant-bras
C'est la saisie la plus dangereuse : vous ne la voyez pas venir, et un avant-bras serré contre la gorge coupe l'air très vite. Vous devez être très rapide.
✔︎ 1. Rentrez le menton pour empêcher l'avant-bras de se placer sous votre gorge.
✔︎ 2. Saisissez son avant-bras à deux mains et tirez-le vers le bas pour retrouver de l'air. C'est un réflexe naturel : utilisez-le.
✔︎ 3. Baissez votre centre de gravité en pliant les jambes : vous devenez plus lourd et plus stable.
✔︎ 4. Faites un pas sur le côté et frappez : coups de coude dans le ventre, coup de talon sur son pied ou dans son genou, coup de tête vers l'arrière. Enchaînez 2 à 3 frappes sans vous arrêter.
✔︎ 5. Sortez la tête par le côté, sous son bras, et fuyez.

S'il ne lâche pas
C'est que vos frappes n'ont pas été assez fortes. Déplacez-vous sur le côté, passez une jambe derrière les siennes et, en vous aidant de vos bras ouverts vers le ciel, déséquilibrez-le pour le faire tomber. Puis partez en courant, sans le quitter des yeux.

Technique 3 : saisie à une main, plaqué contre un mur
L'agresseur vous plaque contre un mur, une main sur la gorge. Le mur vous empêche de reculer : il faut sortir par le côté.
✔︎ 1. Attaquez son pouce si vous le pouvez : c'est le point faible de sa prise. Décollez-le et tordez-le vers l'extérieur.
✔︎ 2. Pivotez sur le côté pour sortir de l'axe de son bras.
✔︎ 3. Frappez en pivotant : au bras, à l'épaule ou à la poitrine, pour le repousser.
✔︎ 4. Fuyez immédiatement, sans chercher à poursuivre l'échange.
Saisie au poignet ou aux vêtements : le même principe
On vous attrape le poignet, le col ou la manche ? La logique ne change pas. Saisissez sa main, faites un pas sur le côté, frappez au bras ou à l'épaule, repoussez-le et partez.
Un de mes élèves s'est fait saisir le poignet. Il a frappé la main qui le tenait avec la paume de son autre main, un coup sec. La main s'est ouverte. Il est parti en courant. Rien de spectaculaire, et c'est exactement ce qu'il fallait faire.
Le vrai piège : la peur qui vous fige
L'erreur que je vois le plus chez les débutants, ce n'est pas une mauvaise technique. C'est la peur. Ils se figent. Le corps ne répond plus.
C'est pour ça qu'on travaille le mental autant que les gestes. La peur ne disparaît pas. On apprend à la transformer en force et en réactivité. À force de répéter les situations à l'entraînement, le corps part avant que la tête ait le temps de paniquer.
Utiliser votre environnement
Dans la rue, vous n'êtes jamais dans une salle vide. Ce qui vous entoure peut vous protéger, ou vous piéger.
Mettre un obstacle entre vous et l'agresseur
Une poubelle, un vélo, une table, une voiture : tout ce qui vous sépare de l'agresseur l'empêche de vous saisir. Une chaise, un sac, un objet à portée de main peuvent aussi vous servir à vous protéger et à riposter, à hauteur de l'agression.
Repérer les sorties
Prenez l'habitude de savoir où vous pouvez fuir : une rue passante, un magasin, un café, un restaurant. Là où il y a du monde, l'agresseur perd l'avantage. Bien souvent, la meilleure technique est d'éviter la confrontation.
Ne pas reculer contre un mur
Reculer contre un mur réduit vos possibilités de mouvement et de fuite : c'est exactement ce que cherche l'agresseur. Une seule exception : face à plusieurs agresseurs, avoir le dos au mur peut devenir un atout, car personne ne peut vous attaquer par derrière.
Pourquoi l'endurcissement fait la différence
Les techniques ne suffisent pas. Pour casser une prise, il faut que vos frappes soient percutantes, et que vos mains soient assez fortes pour tirer un avant-bras serré contre votre gorge. C'est là qu'interviennent l'endurcissement et le renforcement du corps. Plus vous serez endurci, plus vos techniques seront efficaces. Cela demande de la volonté et du travail, mais le résultat est sans égal.
✔︎ Endurcissez vos mains, vos coudes et vos tibias : je vous explique comment dans l'article comment durcir son corps.
✔︎ Renforcez la force de vos mains avec un muscleur de main : elle fait la différence pour saisir et tirer un bras.
✔︎ Travaillez votre stabilité avec le gainage dynamique, pour baisser votre centre de gravité sans être déséquilibré.
Le matériel d'endurcissement →Le muscleur de main →
Ce que dit la loi
Un étranglement met votre vie en danger : votre riposte est légitime. Mais elle doit rester nécessaire et proportionnée (articles 122-5 et 122-6 du Code pénal). Le but est de vous dégager et de fuir, pas de punir l'agresseur. Une fois libre, partez : continuer à frapper un agresseur qui ne menace plus pourrait se retourner contre vous.
S'entraîner sans se blesser
Les étranglements se travaillent avec un partenaire, mais avec prudence :
✔︎ Convenez d'un signal d'arrêt : deux tapes sur le bras de votre partenaire, et il relâche immédiatement.
✔︎ Commencez lentement, sans serrer, pour apprendre le placement.
✔︎ Ne frappez jamais réellement votre partenaire : marquez les frappes, et travaillez la puissance sur des paos de frappe.
Voir les paos de frappe →
La technique en vidéo
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▶ Voir la vidéo sur YouTube : Saisie au cou : 3 techniques très simples pour se dégager
Aller plus loin
Ces techniques sont détaillées en vidéo dans le module 2 de mon cours de self défense en ligne (défense sur étranglement et saisie à la gorge à une ou deux mains), et en photos pas à pas dans mon livre « Se défendre seul » (chapitre 13, les saisies et les étranglements).
Voir le cours de self défense en ligne →Voir le livre « Se défendre seul » →
Questions fréquentes
Combien de temps a-t-on pour réagir à un étranglement ?
Très peu. Un étranglement bien placé peut faire perdre connaissance en quelques secondes. C'est pour cela qu'il faut d'abord protéger sa gorge (menton rentré, mains sur ses bras), puis frapper sans attendre.
Peut-on se dégager si l'agresseur est plus fort ?
Oui, à condition de ne pas jouer la force contre la force. Les frappes sur les zones sensibles et le déplacement hors de l'axe fonctionnent même face à un agresseur plus lourd.
Comment se dégager d'une saisie au poignet ?
Saisissez ou frappez la main qui vous tient (un coup sec avec la paume de l'autre main suffit souvent), faites un pas sur le côté, repoussez l'agresseur et partez. Inutile de chercher une clé.
Faut-il crier ?
Pendant l'étranglement, vous ne pourrez pas. Mais dès que vous êtes libre, criez fort : cela attire l'attention et peut faire fuir l'agresseur. Puis appelez le 17 ou le 112.
Ces techniques fonctionnent-elles pour les femmes ?
Oui. Elles reposent sur la vitesse, les zones sensibles et le déplacement, pas sur la force. Retrouvez d'autres conseils dans l'article self défense femme.
Qui est François LAJOIE ?
François LAJOIE, ceinture noire 6e Dan Dojo de France de Việt Võ Đạo. Je pratique les arts martiaux depuis 1996 et, depuis 2007, j'ai formé de nombreux pratiquants de tous styles. Je dirige l'École Phượng Hoàng Võ Đường, avec des clubs dans le Tarn (Castres, Graulhet et Saint-Sulpice-la-Pointe), où j'enseigne le Việt Võ Đạo à mains nues et avec armes, la self défense, le Tai Chi et le Qi Gong. Je suis aussi l'auteur du livre « Se défendre seul » et du cours de self défense en ligne.

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